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jeudi 15 mars 2018

Syrie : quand les masques tombent 1/5


Ce blog s'intitule "Com' ils disent" et il se trouve qu'entre autres formations, j'ai appris le métier d'enseignant. Et comme, par ailleurs, la majorité de mes lecteurs habitent hors de France, notamment dans des pays non francophones, il me semble utile, de temps à autre, d'endosser la blouse du pédagogue.

Parlons de sémantique du français : je me suis amusé (!) à puiser dans mes archives récentes les captures d'écran qui suivent (issues de chaînes de télévision françaises  ; cf.: une chaîne de télévision, des chaînes de télévision...) :   


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Entre nous, vous n'êtes pas intrigués par quelque chose d'étrange ? 

Vous ne voyez pas ce qu'il y a d'étrange dans ce qui précède ?

Peut-être y verrez-vous plus clair si je traduis le tout premier texte en anglais :

Syria. In the rebel stronghold of Eastern Ghouta the raids of the Syrian regime killed in seven days five hundred civilians, including one hundred and twenty-one children (NGO).

Alors, vous y voyez plus clair ? Le fait est que, quelle que soit la langue utilisée, le problème reste le même !

Devant une classe de collégiens, voire de lycéens, je procéderais ainsi : d'abord, je condense le message en une poignée de mots-clés ; j'en vois quatre : rebelle(s) - raids - victimes - civils. Prenons-les dans cet ordre :

- rebelle(s) : on nous parle, en effet, tantôt d'un fief, tantôt d'une enclave... rebelle. Or, un "rebelle", ce n'est pas un simple opposant, mais quelqu'un qui a choisi de s'exprimer par le biais des armes. C'est, donc, un combattant, j'allais dire "armé" mais ce serait un malheureux pléonasme.

Donc, nous avons des hommes - et peut-être aussi des femmes - en armes, et ces armes sont censées tirer sur des gens, et faire des victimes !

- raid(s) : il nous est dit, ici, qu'il s'agit de raids du régime ; sous -entendu : "les autres, entendez les 'rebelles', ne conduisent aucun raid" !

- victime(s) : bien évidemment, aux yeux de nos "informateurs", ce sont les raids du régime et eux seuls qui sont à l'origine des centaines de victimes (par parenthèse : comptabilise-t-on les morts et les blessés ou seulement les morts ? Nul ne le sait !). Ce qui revient à dire que les armes des rebelles ne sont pas actionnées ? On ne sait pas ! En tout cas, c'est loin d'être clair. Toujours est-il que les "rebelles" ne font aucune victime, à moins que...

- civil(e)s : avez-vous remarqué qu'il n'est question, ici, que de victimes "civiles", toutes affectées par les raids du seul régime ? Autrement dit, les bombes et les obus balancés par les forces du régime ne tuent que des civils !

Si j'ai bien compris :

1. les armes des rebelles ne tirent aucune balle...
2. les bombes du régime évitent de tomber sur la tête des rebelles, ne s'abattant que sur des civils...

En anglais, on dirait : Isn't it incredible?

Vous comprenez maintenant pourquoi j'étais tellement intrigué tout à l'heure ?

Le fait est que les informations qui précèdent sont fournies aux "grands" médias par une officine (cf. la mention 'ONG') baptisée "OSDH" (Office Syrien des Droits de l'Homme), mais peut-être devrait-on dire "Office Syrien de la Désinformation Hasardeuse", un obscur groupuscule basé au... Royaume-Uni et qui, par conséquent, dresse ses statistiques hasardeuses à quelque 5000 km de distance, réussissant à comptabiliser les victimes "civiles" et jamais les victimes "militaires" provoquées par le régime, tout en étant étrangement discret sur les dégâts générés par les armements des "rebelles".

En fait, de deux choses l'une :

- ou bien les statistiques concernant les victimes "civiles" sont exactes, et l'on ne peut que s'interroger sur la dissimulation par l'OSDH du nombre de victimes "non civiles", en clair, dans les rangs des "rebelles"...

- ou bien ce sont toutes les statistiques fournies par l'OSDH qui sont fausses et relèvent de l'escroquerie.

Dans le premier cas, l'OSDH travaille visiblement pour le compte des "rebelles", s'appliquant à considérer leurs pertes éventuelles comme un secret militaire à ne pas divulguer à l'ennemi (le régime).

Dans le second cas, l'OSDH balance des chiffres imaginaires et n'est qu'une officine de désinformation et de propagande, dont le programme manifeste consiste à apitoyer l'opinion publique sur le sort de ces malheureux civils suppliciés par la seule armée de Bachar-el-Assad.

Dans un cas comme dans l'autre, cette officine s'est manifestement et totalement disqualifiée.

Le problème, c'est de voir que les élucubrations de l'OSDH sont relayées par la grande presse sans la moindre vérification ni la moindre distance critique, de même que c'est sur la base des balivernes colportées par ladite officine que d'aucuns ont choisi de fonder leur diplomatie dans la région, à l'exemple du ministre français cité plus bas :

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Visiblement, le ministre russe des Affaires Étrangères disposait d'informations ayant échappé à son confrère français, lequel semblait considérer que seul le régime syrien faisait obstacle à la trêve réclamée par le Conseil de Sécurité de l'ONU.

Et ne voilà-t-il pas que l'on apprend, toujours des mêmes médias "mainstream", qu'il n'y avait pas que des "rebelles" dans la Ghouta !!!!!

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"Expulser les jihadistes en contrepartie de la trêve"..., non mais, sans blague !

C'était donc ça : il y avait bel et bien des "jihadistes" au milieu des "rebelles", et l'on se demande comment les seconds vont s'y prendre pour évincer les premiers (puissamment équipés par des puissances étrangères), mais, surtout, on s'interroge sur les manigances de ce monsieur Le Drian !

Question : Jean-Yves Le Drian était-il au courant de la présence, dans la Ghouta, de mercenaires (les soi-disant "jihadistes" étant, dans leur quasi-totalité, des mercenaires non concernés par l'éventuelle guerre civile syrienne) ? Dans la négative, le ministre français et l'ensemble de son gouvernement se couvrent de ridicule ; dans l'affirmative, on est en présence d'une tentative délibérée de protéger des criminels !

Question subséquente : en insistant si lourdement -moyennant moult déplacements à l'étranger, notamment à Moscou et Téhéran - pour obtenir un cessez-le-feu de la part du seul régime syrien, le ministre français entendait-il sauver des civils innocents ou plutôt offrir une porte de sortie à tout un tas de mercenaires, notamment étrangers, rhabillés en "rebelles" ? 

Tout le monde se rappelle l'insistance lourde avec laquelle un autre ministre des Affaires Etrangères, Jean-Marc Ayrault, a tenté d'obtenir, lui aussi, un cessez-le-feu à Alep, avant que l'on n'apprenne que, là encore, les fameux rebelles n'étaient que des mercenaires opérant sous la bannière de l'Etat dit Islamique !

Le fait est que, malgré la découverte du pot-aux-roses, à savoir la présence dans la Ghouta de diverses franchises d'Al Qaeda et de Daech, la presse "mainstream" continue d'user des mots-clés répertoriés plus haut : "rebelles, raids du régime, victimes, civils".

Ceux-là croient que nous n'avons qu'eux comme sources d'information ! 

Pauvres imbéciles !

Ironie du sort : pendant que d'aucuns volent au secours des barbouzes officiant dans la Ghouta, des soldats français tombent régulièrement dans le Sahel, victimes des mêmes "rebelles" !

Reviens De Gaulle, ils sont devenus fous !!!!!!




vendredi 9 juin 2017

Réflexions sur la soi-disant 'théorie du complot' §3


Dans la rubrique : "Mieux vaut tard que jamais", voici un nouvel épisode de l'histoire édifiante de ce petit Syrien couvert de poussière et victime de... Bachar el-Assad (?!?!), ainsi que l'ont claironné sur tous les toits nos petits et grands médias passés experts dans l'art de la désinformation.

Souvenez-vous : un garçonnet regardant fixement la caméra et ne disant pas un mot, miraculeusement sauvé d'un bombardement sur Alep opéré apparemment par l'armée de "l'infâme dictateur qui tue son propre peuple".

Comment oublier ce garçonnet ?

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Le problème est que le crédit que j'accorde aux petits et grands médias de la presse dite "main stream" s'est étiolé comme neige au soleil, tombant à un niveau que j'estimerais autour de zéro virgule zéro zéro, ce qui fait que je ne lis plus du tout ladite presse, en tout cas, ne l'achète plus du tout. Mais on la croise encore, de temps à autre, sur l'Internet...

... Sur l'Internet, où l'on peut consulter moult sites  que la presse "main stream" ou "mean stream" qualifie de comment déjà ? ... complotistes ?

Tiens, en voilà un, justement, le fameux voltairenet de Thierry Meyssan, lequel nous informait déjà (août 2016) de la plus que probable manipulation du sort de ce malheureux petit garçon par les gangsters envoyés en Syrie par l'Otan et les pétromonarchies arabes.



Ça commence comme ça :

La société Innovative Communications & Strategies (InCoStrat), créée par le MI6 pour organiser la propagande de l’Otan à propos de la Syrie [1], a diffusé une vidéo et une photographie du jeune Omran Daqneesh (5 ans), secouru par les White Helmets, dans une ambulance à Alep.
Cette documentation a fait le tour du monde et la « une » de la plupart des journaux du bloc atlantiste. Elle est devenue le symbole des enfants massacrés par le « régime de Bachar el-Assad ou ses alliés russes ».
Selon InCoStrat —qui avait déjà publié la photographie du jeune Aylan Kurdi, mort sur une plage turque en essayant de traverser la Méditerranée —, la maison de l’enfant aurait été bombardée et ses parents seraient morts.
Les White Helmets sont une « ONG » servant de couverture à la CIA (États-Unis), au MI6 (Royaume-Uni) et à l’IDB (Pays-Bas). (La suite)

Et voilà qu'un prestigieux représentant de la presse "main stream", le quotidien parisien "Le Monde", vient corroborer les "odieux mensonges du site complotiste" de Thierry Meyssan ! Non, mais sans blague !

J'ai recopié la totalité du papier ci-dessous, au cas où il disparaîtrait bientôt des écrans ; on n'est jamais assez prudent. 

Omrane, le petit Syrien sauvé des décombres d’Alep, réapparaît sur les médias du régime

L’enfant et son père sont apparus dans plusieurs médias pour défendre le régime et accuser les rebelles d’avoir voulu les instrumentaliser.

Le 17 août, le monde découvrait le visage traumatisé d’Omrane Daqneesh, un petit Syrien de 5 ans qui avait survécu à la destruction de son appartement dans le quartier rebelle de Qaterji, à Alep. Il était couvert de poussière et de sang, les mains sagement posées sur ses genoux, le regard complètement perdu dans le siège orange fluo d’une ambulance.
Cette image allait immédiatement devenir, par sa puissance, le symbole de l’horreur de la guerre civile syrienne, et plus précisément de la bataille à Alep, qui retombera, quelques mois plus tard, sous le contrôle de l’armée régulière.

La seule apparition publique du jeune garçon ou de sa famille, qui refusa de s’exprimer, a été cette photo et la vidéo de son sauvetage des décombres, prises respectivement par Mahmoud Rslan, photographe indépendant, et Mustafa Al-Sarout, caméraman pour l’Aleppo Media Center, un média proche des rebelles syriens.

Elles ont été diffusées sur les réseaux par les activistes anti-régime, pour émouvoir et sensibiliser l’opinion mondiale, et sont devenues virales à force de reprises dans les médias occidentaux. L’image fut reprise sur les « unes » de journaux en toutes langues, puis, comme tous les contenus viraux, s’effaça. On sut seulement qu’Omrane avait été soigné à l’hôpital après ce 17 août, et qu’il était vivant. Son frère, Ali, 10 ans, y laissa la vie.

Lire :   Un photographe raconte son quotidien auprès d’« autres » enfants dans l’enfer syrien

« Je suis Omrane Daqneesh et j’ai 4 ans »

Près d’un an plus tard, Omrane Daqneesh est réapparu, accompagné de son père Mohamad Kheir Daqneesh, dans une série d’interviews données en début de semaine à des médias russes, iraniens et syriens soutenant le régime de Bachar Al-Assad. On reconnaît un peu le petit garçon paralysé et couvert de suie. Il apparaît en bonne santé, jouant, ou répondant aux questions que lui pose, par exemple, la chaîne russe Ruptly : « Je suis Omrane Daqneesh et j’ai 4 ans. » Comme le note le Washington Post, cet âge (qui était de 5 ans en 2016) « est une information parmi d’autres qui ont changé par rapport à la version initiale de l’histoire ».

Dans ce déluge d’interviews, son père accuse les groupes rebelles syriens et les médias occidentaux d’avoir utilisé les images de son fils comme « outil de propagande » contre le régime syrien.

« ILS VOULAIENT SE FAIRE DE L’ARGENT AVEC SON SANG ET ONT PUBLIÉ CES PHOTOS »

A la présentatrice syrienne Kinana Alloush, travaillant pour une chaîne progouvernementale, il raconte comment les casques blancs, à qui il a confié son fils après l’avoir sorti des décombres, « l’ont mis dans leur ambulance et l’ont filmé. C’était contre ma volonté ». « Ils voulaient se faire de l’argent avec son sang et ont publié ces photos. Il a été tué et ressuscité plusieurs fois dans les médias », dira-t-il aussi sur la chaîne iranienne Al-Alam, une référence aux médias qui rapporteront de façon erronée la mort du petit garçon peu après la diffusion des images.

Il affirme avoir reçu des pressions, y compris des offres d’argent, de la part de groupes rebelles et d’opposition, pour « parler contre le régime syrien et l’Etat », ce qu’il a refusé de faire. Pour échapper aux intimidations, il dit avoir changé le nom et la coupe de cheveu de son fils.

Sur la chaîne libanaise Al-Mayadeen, Mohamad Kheir Daqneesh explique qu’il a voulu rester à Alep, désormais sous contrôle du régime, alors qu’il avait reçu des offres pour « habiter en Turquie, aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne ».

Manipulation et capital médiatique

On peut douter que la succession de quatre interviews en à peine quelques jours, lors desquelles les mêmes propos sont répétés et les mêmes accusations lancées, ait été organisée sans l’aval, ou même l’impulsion de Damas. Les informations sur la guerre diffusées par les médias officiels syriens sont en effet étroitement contrôlées par le régime. Les autres médias – russes, iraniens, libanais – peuvent être considérés comme bienveillants envers Damas.

« LA SITUATION ME FAIT DIRE QU’ILS ONT PROBABLEMENT ÉTÉ CONTRAINTS »

« Ils sont dans une zone sous contrôle du gouvernement et c’est un gouvernement dont on sait qu’il arrête et torture ceux qui le critiquent, opine la chercheuse Valerie Szybala, du Syria Institute. La situation me fait dire qu’ils ont probablement été contraints. »

Mais avant même sa réapparition médiatique, le petit Omrane avait déjà été instrumentalisé. Pendant que les opposants au régime médiatisaient son sort, Bachar Al-Assad disait à une télévision suisse que la photo « n’était pas réelle et avait été retouchée », qu’elle « faisait partie de la publicité de ces casques blancs ».

On peut considérer cela comme une réponse à John Kirby, porte-parole du département d’Etat américain, qui avait baptisé à la même époque Omrane de « vrai visage » de la guerre syrienne.

Aujourd’hui, les médias pro-Assad tentent de récupérer pour la Syrie et ses alliés l’image de la famille Daqneesh et son capital médiatique. Dans la foulée de toutes ces interviews, l’ambassade russe au Royaume-Uni, qui ne renonce jamais à l’ironie, s’est par exemple félicitée, de façon très sérieuse, que « le garçon syrien dont l’image avait été exploitée par les médias propagandistes pour empêcher la libération d’Alep soit en bonne santé. C’est pour cela que la Russie se bat ».

Fin de citation - Source Le Monde

Moralité : qu'il est difficile de reconnaître, avec près d'un an de retard, que l'on s'est planté, ou, tout simplement, que la vérité a fini par sortir du puits ! Mais ne demandons pas l'impossible à des professionnels de la désinformation ! Le gamin et sa famille ont forcément été menacés de représailles par le régime de l'"ignoble Bachar El-Assad", de même que c'est à tort que la presse "mean stream" a fait croire au monde entier que la totalité de la ville d'Alep était menacée de destruction ! (Lire)

Pour ma part, je continue de trouver moult sites dits complotistes, à l'instar de l'excellent 'voltairenet' de Thierry Meyssan, mille fois plus fiables que tous les petits ou grands média de la presse mean stream.


mercredi 28 décembre 2016

Syrie : face à la désinformation ambiante, heureusement qu'il y a l'Internet !


Avant-propos (Lire)

Par parenthèse, les âmes charitables et autres escrocs de la soi-disant "grande presse", si pressés d'entamer leur misérable lamento autour d'une soi-disant destruction d'Alep, en Syrie, vont devoir, très vite, se mettre à raser les murs et à mettre une sourdine à leurs trompettes, devant la réalité que les libérateurs russes, iraniens et syriens d'Alep-Est sont en train de découvrir : amas de bombes et d'armements souvent produits en Occident, écoles et mosquées minées, sans oublier les charniers qu'aucun medium de désinformation n'osera évoquer, ce qui ne surprendra pas grand monde, en tout cas, pas moi !

Ce qui suit est un article tiré du toujours instructif site russe RT, dans sa version anglaise, et que je traduis ici, in extenso.

Les sapeurs russes parcourent Alep à la recherche de mines, découvrant des obus fabriqués aux Etats-Unis, en Allemagne…

Les équipes russes de déminage continuent d’inspecter les écoles et les mosquées d'Alep en quête d’engins piégés, de mines et de munitions, après avoir libéré la ville des rebelles. Les explosifs récupérés viennent de différentes parties du monde, y compris les États-Unis et l'Allemagne. Depuis le début de leur mission de déminage dans la ville syrienne, il y a trois semaines, les sapeurs ont nettoyé 966 hectares, ainsi que le rapportait, mercredi,  le Centre russo-syrien de coopération. Ils ont déclaré 2 149 bâtiments dans et près d'Alep comme étant sûrs, y compris 44 écoles, 38 mosquées, 10 installations médicales et d'autres infrastructures civiles cruciales. Ils ont également déminé 350 km de routes dans la région, poursuivait le rapport.

Les équipes ont découvert et désamorcé quelque 14 700 objets dangereux, dont 6 700 bombes artisanales (angl. IED : Improvised Explosive Device). Les munitions découvertes dans les stocks abandonnés par divers groupes armés vont des petites armes et des grenades à main jusqu'à des roquettes destinées à des lance-roquettes multiples.

Des images de l'opération de déminage en cours, publiées par le ministère russe de la Défense, montraient des caisses pleines de munitions diverses ; sur certaines d’entre elles, on pouvait lire : « produit en Yougoslavie pour le compte du Corps d’armée des États-Unis. »

«  Les munitions que nous avons trouvées étaient allemandes, américaines, bulgares ... Les stocks dont ils disposaient sont assez impressionnants », a déclaré le major Ivan Gromov, un responsable du détachement russe.

L'armée russe à Alep contribue à la restauration d’une vie normale dans la ville après quatre années d'hostilités. Outre l’élimination des explosifs, elle pourvoit aux livraisons de l'aide humanitaire et à la restauration des services publics. Une unité de la police militaire russe a été déployée à Alep pour préserver l'ordre public et prévenir d'éventuels désordres.

Les militants opposés au gouvernement syrien ont été contraints de quitter l'est d'Alep après l'offensive victorieuse entamée dans la ville par Damas, le mois dernier. L'évacuation des combattants rebelles et de leurs partisans civils était destinée à sauver des vies et a été conduite avec l'aide d'organisations humanitaires internationales. Cela a permis de mettre fin à des combats constants dans l’ensemble d’Alep, qui s’est trouvée divisée en parties détenues par le gouvernement et d’autres tenues par les rebelles pendant des années.

Source



Autres lectures :  01 -  02  -  03  -  04  - 05


lundi 19 décembre 2016

Un zeste d' intelligence dans un magma de désinformation post-goebelienne - 2

Un pseudo-printemps arabe en Syrie, cousu de fil blanc. C'est, en tout cas, ce que révélait, il y a bien longtemps déjà, Thierry Meyssan, vous savez ? le dangereux "complotiste", sur son site du Réseau Voltaire. (Source)

Il se trouve que je fais partie de ceux qui font mille fois plus confiance à ce "dangereux complotiste" qu'à toute la presse occidentale réunie. Mais passons.

Je tombe, l'autre jour, sur un "papier" publié sur le net, et que je "re-twitte" ici, in extenso. Le genre de choses dont vous n'entendrez jamais parler sur les chaînes d'information bla-blateuses et autres organes de la presse "mean-stream" (je n'ai pas écrit 'main' mais bien 'mean' !).

Et, pendant ce temps, quelques gros connards et autres pouffiasses, qui se prennent pour des journalistes, nous bassinent avec leur "agonie d'Alep" !

LA GUERRE DE SYRIE EST ENCORE UNE GUERRE POUR LE PÉTROLE ET LE GAZ [BEST OF] par AYMERIC CHAUPRADE 21/07/2016 68607 901 (Source)

La Syrie est un point de passage stratégique pour l'acheminement des hydrocarbures. C'est aussi un gigantesque réservoir de gaz... Une situation qui n'est évidemment pas sans rapport avec la terrible guerre civile dans laquelle a été plongé le pays en 2011.

Depuis la fin de la Guerre froide, les États-Unis essaient de casser la dépendance de l'Union européenne au gaz et au pétrole russe. Pour cela, ils favorisent des oléoducs et gazoducs s'alimentant dans les réserves d'Asie centrale et du Caucase mais qui évitent de traverser l'espace d'influence russe. Ils encouragent le projet Nabucco, lequel part d'Asie centrale, passe par la Turquie (pour les infrastructures de stockage), visant ainsi à rendre l'Union européenne dépendante de la Turquie, puis par la Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie, l'Autriche, la République tchèque, la Croatie, la Slovénie et l'Italie.

Nabucco a été lancé pour concurrencer deux projets russes qui fonctionnent aujourd'hui?

Northstream qui relie directement la Russie à l'Allemagne sans passer par l'Ukraine et la Biélorussie.  Southstream qui relie la Russie à l'Europe du Sud (Italie, Grèce) et à l'Europe centrale (Autriche-Hongrie). Mais Nabucco manque d'approvisionnements et, pour concurrencer les projets russes, il lui faudrait pouvoir accéder :

1/ au gaz iranien qui rejoindrait le point de groupage de Erzurum en Turquie ; 2/ au gaz de la Méditerranée orientale : Syrie, Liban, Israël.

Depuis 2009, des bouleversements considérables se sont produits en Méditerranée orientale. Des découvertes spectaculaires de gaz et de pétrole ont eu lieu, dans le bassin du Levant, d'une part, en mer Égée, d'autre part. Ces découvertes exacerbent fortement les contentieux entre Turquie, Grèce, Chypre, Israël, Liban et Syrie.

En 2009, la compagnie texane Noble Energy, partenaire d'Israël pour la prospection, a découvert le gisement de Tamar à 80 km d'Haïfa. C'était la plus grande découverte mondiale de gaz de 2009 (283 milliards de m3 de gaz naturel) qui a radicalement bouleversé la position énergétique d'Israël, faisant passer l'État hébreu d'une situation presque critique (trois ans de réserves et une très forte dépendance vis-à-vis de l'Égypte) à des perspectives excellentes. En octobre 2010, une découverte encore plus considérable a donné à Israël plus de cent ans d'autosuffisance en matière gazière et la capacité même d'exporter son gaz. Israël a en effet découvert, avec ses partenaires américains, un mégagisement offshore de gaz naturel qu'il estime être dans sa zone économique exclusive : le gisement Léviathan.

Réserves de gaz offshore et onshore

Bien évidemment ces découvertes ont attisé les rivalités entre Etats voisins. Israël et le Liban revendiquent chacun la souveraineté sur ces réserves et l'un des différends profonds entre le président Obama et Benyamin Nétanyahou est que les États-Unis, en juillet 2011, ont appuyé la position libanaise contre Israël (car Beyrouth estime que le gisement s'étend aussi sous ses eaux territoriales). Il semblerait que la position américaine vise d'une part à entretenir la division pour jouer un rôle de médiation, d'autre part à empêcher Israël de devenir un acteur autosuffisant.

La Syrie se trouve au coeœur des nouveaux enjeux de la Méditerranée orientale et du Moyen-Orient. En novembre 2010, l'Arabie Saoudite et le Qatar ont demandé au Président Bachar El-Assad de pouvoir ouvrir des oléoducs et gazoducs d'exportation vers la Méditerranée orientale. Ces oléoducs leur permettraient en effet de desserrer la contrainte du transport maritime via le détroit d'Ormuz puis le canal de Suez et d'envoyer plus de gaz vers l'Europe (notamment le Qatar, géant gazier du Moyen-Orient). La Syrie a refusé, avec le soutien marqué de la Russie qui voit dans ces plans les volontés américaine, française, saoudienne et qatarie de diminuer la dépendance européenne au gaz russe.

Cet affrontement traduit la compétition qui se joue entre, d'une part, les Occidentaux, la Turquie et les monarchies du Golfe, et, d'autre part, la Russie, l'Iran et la Syrie, auxquels s'est ajouté l'Irak dirigé par le chiite Nouri Al-Maliki et qui s'est rapproché de Téhéran et de Damas au détriment des Américains.

En février 2011 les premiers troubles éclataient en Syrie, troubles qui n'ont cessé de s'amplifier avec l'ingérence, d'une part de combattants islamistes financés par le Qatar et l'Arabie Saoudite, d'autre part de l'action secrète des Occidentaux (Américains, Britanniques et Français).

Le 25 juillet 2011, l'Iran a signé des accords concernant le transport de son gaz via la Syrie et l'Irak. Cet accord fait de la Syrie le principal centre de stockage et de production, en liaison avec le Liban, et l'idée de Téhéran est d'atténuer ainsi grâce à son voisin et allié syrien la contrainte implacable de l'embargo occidental. Gelé par la guerre dans un premier temps, le chantier aurait repris le 19 novembre 2012, après la réélection de Barack Obama et la reprise de négociations secrètes entre les États-Unis et l'Iran.

Du fait même de sa position centrale entre les gisements de production de l'Est (Irak, monarchies pétrolières) et la Méditerranée orientale, via le port de Tartous, qui ouvre la voie des exportations vers l'Europe, la Syrie est un enjeu stratégique de premier plan (...).

Ajoutons à cela que la Syrie dispose de réserves dans son sol (onshore) et probablement en offshore. Le 16 août 2011, le ministère syrien du pétrole a annoncé la découverte d'un gisement de gaz à Qara, près de Homs, avec une capacité de production de 400 000 m3/j.

S'agissant du offshore, le Washington Institute for Near East Policy, un think tank sérieux, pense que la Syrie disposerait des réserves de gaz les plus importantes de tout le bassin méditerranéen oriental, bien supérieures encore à celles d'Israël.

Si un changement politique favorable aux Occidentaux, aux Turcs, Saoudiens et Qataris devait se produire en Syrie, et que celle-ci se coupait de la Russie (les navires de guerre russes mouillant dans le port stratégique de Tartous, un port qui peut bien sûr accueillir des tankers approvisionnés à partir des oléoducs qui y arriveraient), c'est alors toute la géopolitique pétrolière et gazière de la région qui serait bouleversée à l'avantage de l'Occident pro-américain et au détriment de Moscou et de Pékin (...).


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La « révolution syrienne » est un paravent médiatique masquant l’intervention militaire occidentale à la conquête du gaz (Source : voltairenet.org).

dimanche 19 août 2012

Syrie : un histoire sans paroles, avec l'aide de Photoshop


Vu sur le site bild.de de la Bild Zeitung, une photo représentant deux femmes syriennes, dans une localité près d'Alep.

Petite colle : cette photo est reproduite ci-dessous ; sauriez-vous l'identifier ? Parce que, bien entendu, l'une des photos est fausse, à moins que les deux ne soient bidonnées, à vous de voir !