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mardi 8 mai 2012

France 2012. Deux tours de scrutin, pour presque rien !



Et dire que les Français passent pour un peuple cartésien ! Tout ça parce que Descartes était français !

Mais à la vérité, force est de reconnaître que ce pays a les moeurs politiques les plus incohérentes du monde moderne, à cause d'une momie sortie du 19ème siècle, un général de brigade qui avait pour modèle le colonel Spontz ou le général Alcazar chers à Hergé, l'inventeur de Tintin. Ça vous donne deux tours de scrutin, et pas toujours de pouvoir opérationnel à la tête du pays ; pour ça, il va encore falloir patienter plus d'un mois, jusqu'à la mi-juin. Just incredible!

Le fait est que la France a un nouveau président de la République, ce qui nous a valu des scènes de liesse populaire Place de la Bastille et rue de Solférino, à Paris, Place de la Cathédrale, à Tulle, et un peu partout dans le pays, des scènes de liesse qui, pour ne rien vous cacher, m'ont laissé quelque peu dubitatif.

Rendez-vous compte : l'autocrate probablement le plus honni de l'histoire des républiques françaises, lequel, au bout de cinq ans, avait fini par mettre son pays dans un état de crise de nerfs indescriptible, avec des fermetures d'écoles à foison, un chômage en hausse, des assassinats en Corse et à Marseille, en veux-tu, en voilà, l'insécurité partout, la sécurité nulle part, le tout après des montagnes de promesses démagogiques durant la campagne de 2007, le tout assaisonné par des relents de corruption entre l'argent d'une riche famille (Bettencourt), un attentat suspect au Pakistan (2002, Karachi), l'achat suspect d'un appartement, jusqu'à cette immonde guerre en Libye, peut-être conduite non pas pour les beaux yeux des démocrates libyens, mais avec d'autres visées, à savoir dissimuler un crime d'Etat : le financement occulte par la Libye d'une campagne électorale... Et voilà que cet autocrate honni, vomi par la majorité de son peuple, réalise le tour de force de se hisser à 48,4 % des voix au second tour, là où d'autres, dans d'authentiques démocraties, auraient été balayés avec moins de 40 % des votants du second tour...

Rendez-vous compte : ce type n'était qu'à un point et des poussières de la majorité des voix !

Pauvre France !

Du coup, j'ai presque eu de la peine pour le nouveau président élu, mais, entre nous, on l'avait prévenu ! Les Français se sont moins mobilisés lors des inscriptions sur les listes électorales, puis les inscrits se sont moins mobilisés pour aller voter, et par la suite, il y a eu beaucoup de bulletins blancs ou nuls. Résultat des courses : une victoire riquiqui.

Voilà donc Hollande prévenu, ce que nous n'avons pas cessé de faire ici même !

Les banlieues et les quartiers populaires ont plébiscité Hollande ? Ouais ! Et moi j'en connais un paquet, qui y sont allés presque à reculons, plus par aversion pour l'autre autocrate que par adhésion pour Hollande. Et si jamais il oublie cette réalité là, alors c'est qu'il n'a rien compris à la politique.

Parce que la situation est grave : la droite n'est pas morte. L'UMP part de très haut (1), avec près de 360 députés sur 577. Ça fait énormément de députés sortants, face à énormément de néophytes de gauche. Et il faudrait arracher autour de 75-80 circonscriptions à la droite par rapport aux législatives de 2007 pour que la Gauche s'installe à peu près confortablement à l'Assemblée Nationale.

Et ça, c'est pas gagné !

Alors j'ai vu que d'aucuns postulaient déjà à des maroquins ministériels, à l'instar de ces zozos écologistes. Les imbéciles ! Cette pauvre Cécile Duflot qui, décidément, n'a rien compris à la politique ! Avant de se voir ministre, il va falloir d'abord gagner les législatives, sans quoi, Hollande est mort politiquement, s'il devait se farcir cinq années de conseil des ministres avec un gouvernement de droite !

Cartésiens, les Français ? Cette bonne blague !

Donc, en cette soirée du dimanche 6 mai 2012, interdiction fut de nouveau faite aux médias d'annoncer quelque estimation que ce fût. Je suis donc allé voir en Belgique et en Suisse. Sur les sites de la Libre Belgique et de la Tribune de Genève, on savait dès la fin de l'après-midi que Hollande avait gagné.

Capture d'écran vers 18h30

Cliquer sur l'image pour l'agrandir

Détail croustillant : sur les sites étrangers, on a appris un scoop vite confirmé sur les chaînes de télévisions françaises : les installations de la Place de la Concorde à Paris (prévue pour la fête des amis du candidat sortant) étaient en cours de démantèlement, d'où l'interdiction faite aux télévisions de filmer. Ce qui voulait tout dire ! Du coup, c'est à la Mutualité que se retrouvaient toutes les télévisions qui voulaient prendre la température du peuple UMP. Tu parles d'un secret de Polichinelle !

On parie de nouveau ? Que bien des promesses de François Hollande vont passer très vite à la trappe ? Voyez mon avant-dernier post sur les cantines scolaires et les piscines municipales...

Pauvre François Hollande... Tout ce temps passé à dire "je", "je", "je"... !


(1)  Objection votre honneur ! Et là, je dois battre ma coulpe : les 360 députés ou à peu près, c'était en 2002 ; en 2007, la droite a raflé autour de 310 sièges, ce qui la met encore une bonne trentaine de sièges au-dessus de la majorité absolue. Mais, surtout, l'épouvantail de l'Elysée ayant disparu, les députés sortants de droite vont se retrouver un peu plus libres dans leurs mouvements. Et la Gauche n'est pas certaine de conserver tous ses sortants... Alors ? Cohabitation nullement illusoire !

jeudi 3 mai 2012

France. Présidentielle 2012. Les mensonges de François Hollande


Vous connaissez la nouvelle ? François Hollande ment !

Si, si, je vous assure. Il est vrai qu'il y a là quelque 18 % d'électeurs du Front National du premier tour qui présentent un intérêt certain pour les candidats du second tour. C'est en tout cas la preuve que Hollande ferait un excellent président de la République française, puisque même pas encore élu, voilà qu'il prend ses futurs électeurs pour des billes, ou pour des nouilles, c'est selon, conformément à l'adage qui veut que les promesses n'engagent que ceux qui y croient.

Et qu'est-ce qu'il a promis, le Hollande ?

Il a promis ça !

Source

Vous avez bien lu ? Non ? Alors on reprend tout :
Que les Français n'aient aucune inquiétude: sous ma présidence, il n'y aura aucune dérogation à quelque règle que ce soit en matière de laïcité. La loi sur la burqa, si je deviens président de la République, sera strictement appliquée. Aucun horaire de piscine ne sera toléré s'il fait la distinction entre les hommes et les femmes. Rien ne sera toléré en termes de présence de viande halal dans les cantines de nos écoles, il n'y a pas nécessité de faire peur."

Trois points qui ne concernent, en filigrane voire de manière explicite, que l'Islam : la loi (de droite) sur la burqa, les horaires des piscines municipales et le menu des repas des cantines scolaires. Étrange.

1. La loi sur la burqa

Franchement, on croyait qu'il ne s'agissait que d'une loi visant la dissimulation intégrale du visage dans l'espace public, et voilà qu'on apprend qu'elle ne vise qu'un seul accessoire vestimentaire : la burqa, cagoule n'existant que dans un pays : l'Afghanistan, où elle sert à dissimuler entièrement le  visage des femmes aux regards. Voilà que Hollande nous apprend qu'il se chargera, en sa qualité de président de la République, de l'application "stricte" de ladite loi. Vous avez compris que François Hollande, à l'instar de son futur prédécesseur, cumulera les fonctions de président de la République et de ministre de l'Intérieur !

2. Horaire des piscines

Aucun horaire ne sera toléré s'il fait la distinction entre les hommes et les femmes. Il faut croire que ce sont les piscines publiques qui sont visées ici, et que le futur président de la République entend s'impliquer lui-même dans la gestion de la planification des piscines municipales. Ce qui laisse à penser qu'il estime que ses fonctions de président ne devraient pas l'occuper bien longtemps, lui laissant le temps de se mêler des activités des piscines publiques des 36.600 municipalités de France et de Navarre.

On me fera observer que toutes les municipalités de France et de Navarre ne possèdent pas de piscines publiques. Certes. Mais on peut imaginer que les plus grandes villes en possèdent plus d'une, ce qui fait beaucoup d'établissements à superviser !

Rappelons en passant qu'il existe un droit administratif régissant les pouvoirs des municipalités et des pouvoirs publics locaux que sont les départements et les régions.

Entre nous, qu'est-ce que la distinction entre hommes et femmes dans une piscine aurait à voir avec la laïcité, sujet de la discussion lors du débat évoqué plus haut ?

3. Viande halalRien ne sera toléré en termes de présence de viande halal dans les cantines de nos écoles.

Vous aurez observé que Hollande ne dit pas un mot d'une autre viande relevant de l'abattage rituel : la viande casher ! Faut-il en déduire que le pas encore président entend d'ores et déjà induire une discrimination à l'encontre de la viande halal et épargnant la viande casher ? Et en quoi la présence éventuelle de viande halal, pour peu que la présence de ladite viande n'interdise nullement la présence d'autres viandes dans les cantines, irait-elle à l'encontre des lois sur la laïcité ? A-t-on jamais édicté en France de loi régissant le menu des cantines scolaires ?

Mais revenons à la lettre de la déclaration : rien ne sera toléré en termes de présence de viande halal dans les cantines... Toléré par qui et par le biais de quel texte ? La question n'a rien de théorique dans la mesure où le pas encore président de la République qu'est Hollande n'est pas candidat à la députation. Or un président de la République prend des décrets en conseil des ministres, ce qui suppose l'accord du gouvernement. Il procède à des nominations et promulgue les lois, après que le parlement les a votées, la mission de législateur incombant au parlement et non au président de la République.

Existe-t-il une seule loi dans l'arsenal législatif, interdisant à une municipalité de servir de la viande halal, parmi d'autres viandes, dans les cantines scolaires ?

Par ailleurs, Hollande voudrait-il nous faire croire que les réglements régissant les cantines scolaires seront désormais placés sous l'obédience de la présidence de la République, soit pour les centaines de milliers d'écoles publiques des 36.600 communes de France ?

Soit dit en passant  : cela vaut-il aussi pour Mayotte, cette terre musulmane à 90 % ?

Autre question : ce principe de non présence de toute référence religieuse dans l'espace scolaire vaut-il aussi pour l'Alsace-Moselle ? En clair, François Hollande est-il en train de nous expliquer que, sur la partie du territoire français encore soumise au Concordat, donc échappant à la Loi de 1905, une interdiction de la viande halal serait édictée, ce qui se traduirait, en Alsace-Moselle, par un double standard, laxiste à l'égard du judaïsme, du catholicisme et du protestantisme - religions subventionnées par l'Etat -, mais rigoureux à l'égard de l'Islam ?

En d'autres termes, le non encore président de la République qu'est Hollande est-il en train de nous expliquer qu'en Alsace-Moselle, par exemple, les dignitaires religieux juifs, catholiques et protestants continueraient à vivre des subsides publics, donc de l'argent des contribuables, tandis que, dans le même temps, une exception à la règle s'appliquerait sur la qualité de la viande requise par les familles d'enfants musulmans ?

Par ailleurs, a-t-on jamais entendu François Hollande ou quelque autre candidat à la présidence de la République s'exprimer à propos de la césure octroyant à l'Alsace-Moselle un statut d'extra-territorialité face à la législation de 1905 sur la laïcité ?

Ce qui précède appelle quelques commentaires :

1. François Hollande ment. 2. François Hollande ment. 3. François Hollande ment. 4. François Hollande ment. 5. François Hollande nous fait la démonstration de la phénoménale ignorance de la classe politique française face à l'Islam.



1. François Hollande ment ! 

Pour faire appliquer strictement la loi sur la burqa, il ne suffit pas d'incantations de comptoir voire de studio de télévision ! Dans la pratique, imaginons quelque émir du Golfe arabo-persique déambulant avec sa suite d'une trentaine de personnes, dont deux tiers de femmes entièrement couvertes, sur les trottoirs de quelque avenue prestigieuse de Paris (Champs-Elysées, Montaigne...), à la recherche de produits de luxe. Et imaginons qu'un couple de policiers en tenue chargés de la fluidité de la circulation aperçoive le groupe et envisage de verbaliser les femmes pour port de voile intégral. Question : nos deux policiers font comment pour verbaliser ce petit monde ? Et dans quelle langue ? Et en cas de refus d'obtempérer, nos agents à pied vont-ils pouvoir empêcher la suite de l'émir de s'engouffrer dans de luxueuses limousines avant l'arrivée des renforts ? Et est-on certain que des renforts vont arriver, sachant que bien des policiers en tenue sont déjà réservés à la surveillance de sites sensibles comme les ministères ou certaines ambassades, et qu'il y a eu une sérieuse baisse dans les effectifs  ? 

S'il veut vraiment que la loi sur la burqa, comme il l'appelle, soit strictement appliquée, François Hollande se doit d'annoncer un recrutement conséquent de policiers supplémentaires officiant sur la place publique - forcément véhiculés pour pouvoir intervenir rapidement - pour procéder aux interpellations... Dans le cas contraire, sa déclaration relève du pipeau.



2. François Hollande ment ! 

Parce que l'aménagement des horaires des piscines publiques échappe à l'autorité du président de la République. Prétendre le contraire relèverait de la plus pure gaudriole ou galéjade, comme on dit à Marseille. Non mais, franchement, vous connaissez beaucoup de pays dans le monde, où un président de la République s'abaisserait à intervenir dans l'aménagement des horaires des piscines ?

On voit bien que François Hollande, hormis le fait qu'il manie fort bien la démagogie à deux balles, n'a jamais été maire de quelque ville que ce soit (1). Alors, essayons de lui expliquer comment les choses se passent dans la réalité.

Il paraît que Martine Aubry, à Lille, a concédé à des groupes de femmes des horaires de piscines à elles seules réservées, ce qui, de mon point de vue, relève du simple bon sens.

Et c'est là qu'on voit que François Hollande n'est pas un grand sportif, sinon, il saurait que les piscines sont généralement désertées durant les neuf dizièmes du temps, étant surtout fréquentées par une population scolaire. La même observation vaut pour les conservatoires municipaux de musique.

Ça veut dire que quand les jeunes sont à l'école, au collège, au lycée, les piscines sont quasiment désertes. Alors, vous imaginez l'aubaine, pour un(e) maire, de s'entendre proposer par un ou plusieurs groupes de quelques dizaines à centaines de femmes la réservation d'une piscine, disons deux ou trois fois par semaine, le tout n'étant pas gratuit, évidemment, mais pouvant rapporter aux finances municipales de substantiels revenus ? Vous en connaissez beaucoup, des maires, à qui on proposerait d'occuper une piscine avec quelques dizaines voire centaines de personnes, x fois par semaine, à des horaires où lesdites piscines tournent au ralenti, et refusant une aussi lucrative proposition, uniquement pour raisons idéologiques ?

François Hollande n'a jamais été maire, sinon il saurait que, dans la ville où je vis actuellement, les femmes musulmanes ne se comptent pas par dizaines, ni centaines, ni milliers, mais par dizaines de milliers ! On peut estimer sans trop de risque qu'un tiers de la population est d'origine nord-africaine ou turque. Vous imaginez le manque à gagner pour la ville si l'on refusait à ces femmes un accès préférentiel à la piscine, à des heures où, de toute façon, LA PISCINE EST DÉSESPÉRÉMENT VIDE ?!?

Faut-il que le pas encore président qu'est François Hollande soit stupide pour oser proférer de telles inepties que celles évoquées plus haut ? Non mais que de conneries n'est-on pas prêt à raconter par pure démagogie ! Une démagogie peu rentable, au demeurant, quand on voit l'importance croissante de la population musulmane en France !

Et c'est là que François Hollande oublie un petit détail : dans un très grand nombre de villes, notamment en banlieue, sans les musulmans et, plus généralement, les "immigrés", la Gauche ne gagne pas les législatives ni les municipales, d'ailleurs ! Je ne citerai qu'un exemple : Corbeil-Essonnes, perdue par la Gauche au profit de Dassault, et jamais reprise depuis. Allez donc voir quels rapports le vieux Dassault entretient avec les jeunes Beurs de la ville ! Après quoi, quelques imbéciles parmi les socialistes et les communistes de l'Essonne et d'ailleurs pourront toujours taper sur le halal !



3. François Hollande ment !

Entre nous, qui a dit qu'il ne fallait servir que de la viande hallal dans les cantines scolaires ? Et à qui François Hollande va-t-il faire croire qu'une fois président de la République, il aura le pouvoir de réglementer les menus desdites cantines ? Là où son sens de la démagogie confine à la stupidité, c'est qu'il oublie que les écoles et collèges - c'est moins vrai des lycées - sont souvent situés à quelques minutes à peine des habitations, ce qui fait qu'à midi,  par exemple, il est très facile aux élèves de rentrer manger à la maison. Ce qui fait qu'une proportion importante des élèves de primaire et collège ne mange pas à la cantine. Appelez ça comme vous voulez, moi j'appelle ça un manque à gagner pour les finances municipales que de voir les petits musulmans bouder les cantines scolaires. Et tout ça profite à moult sandwicheries donner-kebab que l'on voit proliférer à proximité de certains établissements scolaires.

C'est dire si le couplet démagogique de François Hollande sur le hallal à l'école tombe à plat ! Et moi, si j'avais un conseil à prodiguer aux municipalités, ce serait au contraire de réfléchir sur la manière la plus intelligente de servir du hallal à la cantine, tout en combinant la chose avec une approche diététique de l'alimentation. Pour que l'on ne vienne pas seulement à la cantine pour se nourrir mais aussi pour y apprendre à bien manger. Du coup, même les musulmans les plus intégristes trouveront de l'intérêt à laisser manger leurs enfants à la cantine. Le fait est que les sandwiches hallal des fast-food gréco-turcs sont souvent trop gras, avec comme conséquence une importante prévalence du surpoids chez certains jeunes d'origine nord-africaine, notamment - mais pas uniquement - les filles.


Et de grâce, que François Hollande nous épargne les discours gnan-gnan sur je ne sais quelle intégration et quel respect d'une laïcité de bazar, quand on voit - je l'ai déjà signalé ailleurs - qu'un grand lycée public comme Janson de Sailly, à Paris, dispose d'une chapelle catholique en activité, sans que personne n'y trouve à redire !



4. François Hollande ment !

Il n'y aura aucune dérogation à quelque règle que ce soit en matière de laïcité... (2 mai 2012)

Il n'y a pas formule plus mensongère que celle-là, dans un pays coupé en deux, donc ayant érigé la dérogation en matière de laïcité au niveau d'un principe intangible, avec ce concordat d'un autre temps, qui continue de s'appliquer en Alsace-Moselle.

Et ce concordat, que personne à droite ni à gauche ne dénonce, mais que tous s'évertuent à contourner tout en le dissimulant aux regards, révèle bien le degré de cynisme dont les politiciens français sont capables et le mépris dans lequel ils tiennent leur propre discours.

Le fait est que le Hollande qu'on voit bomber le torse face à la viande hallal dans les cantines et aux horaires aménagés dans les piscines publiques se met par ailleurs à plat ventre face aux religions bénéficiaires du concordat, qu'il s'agit de ne pas froisser.

Ce n'est pas de la real politik ; c'est bien plus grave : de la couardise ! 



5. François Hollande fait la démonstration de sa phénoménale inculture face à l'Islam.

Ce qui explique que lui, comme d'autres, ne sachent pas que des trois religions dites du Livre, l'Islam soit la seule - en tout cas sa branche majoritaire, le sunnisme - authentiquement laïque.

Vous avez bien lu ? L'Islam sunnite est une religion LAÏQUE ! Mais oui, ça existe. Ce qui veut dire :

a) que le croyant ou la croyante communique avec son Dieu via zéro intermédiaire, dès lors...

b) que cette religion n'a pas de clergé.

Pas de clergé, donc pas de maître à penser ; donc rien qui supposerait un fonctionnement "communautariste", pour reprendre la phraséologie de quelques démagogues stupides et idiots ! Et c'est précisément cela qui fait la force de l'Islam : son caractère éminemment démocratique, au sens propre du terme, s'agissant d'une religion sans chef(s) !

Il faudrait, donc, que les pseudo-penseurs qui glosent à longueur de journée sur je ne sais quelle islamisation rampante consacrent un peu de leur temps à l'étude de cette religion au lieu de nous pomper l'air avec leurs conneries !

Dans les cinq piliers de l'Islam, les cinq normes les plus élevées, il n'y a marqué nulle part qu'il faille fréquenter les mosquées. Il faut prier cinq fois par jour, c'est tout. Pour le reste, le croyant prie où il veut, au besoin loin des regards. Le port de tel ou tel accessoire vestimentaire censé dissimuler le visage à la vue des autres figure bien dans une célèbre sourate (XXIV, 31 : Ô prophète, dis à tes épouses..., formulation poétique renvoyant essentiellement à l'indispensable pudeur que doit afficher la femme bien plus qu'à un vulgaire fétichisme vestimentaire !) mais est absent des cinq piliers, de même que l'abattage rituel n'est nullement évoqué dans ces mêmes piliers. Quant au ramadan, la seule pratique un peu voyante chez les musulmans, hormis les horaires des phases de la lune, nul n'est habilité à instruire les fidèles sur ce qu'il convient de faire ou de ne pas faire durant ce mois de jeûne. Parce que le Coran sait être souple dès lors que l'Islam a une vocation universaliste : pour convaincre des gens de races et de cultures si différentes, il faut savoir s'adapter en jouant au caméléon, ce que l'Islam sunnite fait à merveille. Que ceux qui en doutent aillent voir comment les jeunes se draguent au bord des plages en Mauritanie, ou comment les Sénégalaises pratiquent la danse dite du "leumbeul". Vous m'en direz des nouvelles...

Et en tant que fils de pasteur, qui ai séjourné quelque temps dans un internat catholique, et dont le père lisait la Torah dans le texte, je mets quiconque au défi de me citer une religion monothéiste plus respectueuse de la liberté individuelle que l'Islam sunnite ! (2)

J'ai déjà exprimé ici le peu de confiance que m'inspirait François Hollande. Il va peut-être remplacer l'autre, le sinistre candidat sortant, faute de meilleur(e) candidat(e) à gauche (cf. il fallait voir la campagne de Ségolène Royal dans les banlieues et aux Antilles en 2007 pour saisir la différence... Du reste, il n'est que de noter la baisse des inscriptions sur les listes électorales entre 2007 et 2012 !). Mais en tout cas, Hollande doit savoir une chose : qu'il se lance, comme son éventuel prédécesseur, dans la logorrhée névrotique anti-islamique, encouragé en cela par le minuscule lobby pro-israélien qui ne manquera pas de le bouffer très vite - comme avec cette histoire d'intervention militaire en Syrie que personne ne lui a réclamée ! -, et il risque d'entrer en cohabitation sitôt élu, car nous serions quelques-uns à vouloir lui apprendre les bonnes manières, au cas où il aurait oublié que l'Islam est la deuxième religion de France.

Et, de fait, dans un premier temps, il va falloir que son camp l'emporte aux législatives, et ça, c'est pas encore gagné ! Parce qu'il suffirait à l'UMP (360 députés actuellement) de passer avec une voix de plus que la gauche et le centre en juin (soit 289 députés), en perdant à peu près 71 députés au profit de la gauche, et Hollande président passe les cinq prochaines années en cohabitation. Autant dire qu'il est mort politiquement.

Et au risque de me répéter, je m'en vais ici marteler sur tous les tons que, lors des prochaines législatives, pour reprendre une petite centaine de sièges à la droite, la gauche a impérativement besoin d'amadouer les musulmans de France, nombreux dans les quartiers populaires, ce qui va amener les candidat(e)s à dire sur le hallal, les piscines et Cie tout le contraire (3) des inepties proférées par François Hollande ! C'est ça ou ils perdent les législatives. Bel exercice de contorsion en perspective !

Alors camarade(s), on arrête les conneries ?!




(1)  J'ai appris, depuis, que François Hollande avait été maire de Tulle... Oui mais il y a un monde entre porter le titre de maire et être effectivement maire, s'agissant d'un apparatchik socialiste passant le plus clair de son temps à Paris. Mais bon... Il faut croire qu'à Tulle, il n'y a pas de piscine municipale, ou alors, s'il y en a une, qu'elle est pleine de monde tous les jours de l'année, du lever au coucher du soleil !

(2) Ça tombe bien : on va encore nous bassiner les oreilles avec un soi-disant "péril islamiste" qui, fort curieusement, ne sévit pas tant dans la mouvance chiite, celle qui a un clergé, mais dans l'autre camp, le sunnite ! Ça cela on peut répondre aisément que... a) personne n'insiste sur la religion des combattants qui se sont affrontés, des décennies durant, en Irlande du Nord, par exemple, ni sur la religion des terroristes de l'Irgoun, en Palestine, ni sur celle de l'assassin de Rabin, en Israël, pour ne prendre que ces exemples ; il n'y en a que pour la religion de Ben Laden, de celle des gens d'AQMI ou des shebabs somaliens, toutes gens, sunnisme oblige, n'étant investies d'aucune autorité religieuse... b) les mouvances islamistes ou réputées telles font abondamment usage de la coercition et de la violence, à l'instar de ce qui se passe actuellement au Nigeria, avec la secte Boko Haram. Et à cela il peut être aisément répondu que si Boko Haram use à ce point de la violence, c'est probablement, voire certainement parce qu'il se heurte au rejet du plus grand nombre ; car pourquoi violenter des gens qui vous accueillent à bras ouverts ? La violence de Boko Haram est la marque même de l'échec de ce genre de groupuscules, qui savent qu'ils n'ont aucune chance de s'établir démocratiquement, d'où le recours à la terreur. L'Islam africain et, plus généralement, l'âme africaine vomissent toute forme de terrorisme religieux. Trouvez-moi un continent où règne une plus grande liberté sexuelle qu'en Afrique (noire), et l'on (re)parlera de Boko Haram !


(3) ... comme preuve du caractère particulièrement indigent de la Vème République, avec ses quatre tours de scrutin (deux tours de présidentielle + deux tours de législatives), là où tous les autres pays modernes (c'est le cas de toute l'Europe dite communautaire) votent en un seul jour et une seule fois pour désigner à la fois leur majorité au Parlement et leur exécutif ! Et l'on dit les Français cartésiens !

En France, vous avez un démagogue qui raconte des sornettes pour la présidentielle, et des comparses qui vont devoir ramer, quelques semaines plus tard, pour tenter d'arrondir les angles. On parie combien que, d'ici le premier tour des législatives, en juin, 90 % du programme de François Hollande et de son adversaire sera passé à la trappe, et que personne, pas même la droite dure et musclée, n'osera stigmatiser les femmes musulmanes qui réservent des piscines sans les hommes ni la consommation de viande hallal ?! 


Sans nous, vous pouvez gagner, pas contre nous !

(Déclaration faite par des militants associatifs d'une mouvance "Beur" dans le cadre d'une 
interview parue dans Le Figaro avant le premier tour de la présidentielle d'avril 2002) 

Nicolas S.: entre arrêt sur image et histoire sans paroles


Vous le reconnaissez ?




Je vois que vous avez du mal à le reconnaître, avec ce visage déformé par... la passion ? La haine ? On ne sait pas. Moi aussi j'ai hésité un instant.

C'est la photo du candidat sortant à l'élection présidentielle française de mai 2012. 

mercredi 2 mai 2012

Parole de président : trop d'étrangers en France



Vous connaissez la nouvelle ?

À en croire l'encore président de la République française et ancien ministre de l'Intérieur, il y aurait en France trop d'étrangers. Pas trop d'immigrés clandestins. Trop d'étrangers.


On va me faire remarquer que le terme exact employé n'était pas "étranger" mais "immigré". Je sais ; la question était : "y a-t-il trop d'immigrés en France ?" et il y a été répondu par l'affirmative. Le problème est que l'intervieweur de service s'est bien gardé de préciser ce qu'il entendait par "immigré" de même qu'il n'a pas cru bon de devoir réclamer une précision de la part de son interlocuteur. Les deux protagonistes semblaient donc d'accord sur la définition à donner à ce mot.

Questions : à quoi le journaliste de BFMTV et son interlocuteur reconnaissent-ils une personne immigrée sur le sol français ? Trop d'immigrés, c'est à partir de quel étalonnage ou grille de lecture ? L'apparence des gens dans la rue ou des statistiques officielles ? Etrange quand même qu'un journaliste pose une telle question sans en préciser les contours. Trop d'immigrés, ça veut dire qu'ils posent un problème ? Si oui, lequel ? Parce que "trop d'immigrés", dit comme ça, ça ne veut rien dire, sauf à mettre en exergue la susceptibilité de certains individus à certains stimuli - impression tout à fait subjective - comme "trop de soleil", "trop de bruit", "trop de sel dans la soupe", etc.

Ainsi, dans les transports publics des Etats-Unis ou d'Afrique du Sud, il n'y a pas si longtemps, une seule personne noire dans un bus voulait dire "trop de nègres dans les bus". Par exemple.

Par exemple, pour cet adolescent blanc du Sud des Etats-Unis, il n'y a pas si longtemps, un seul nègre dans la cour de l'école représentait trop de nègres dans la cour de l'école.


Nous ne voulons pas aller en classe avec des nègres
Parce qu'il y a une nuance entre la proposition A : "Est-ce que, selon vous, x % d'immigrés dans la population française, c'est trop ?", et la proposition B : "Y a-t-il trop d'immigrés en France ?". Dans un cas, on s'appuie sur des statistiques, dans l'autre il s'agit essentiellement d'une appréciation à la louche traduisant avant tout la plus ou moins grande disposition du sujet en faveur ou en défaveur des "immigrés".

Et selon le sous-entendu exprimé par le journaliste, ou bien,  par "immigré", il fallait entendre personne de nationalité étrangère, donc sujet disposant d'un passeport étranger, ou alors "personne d'apparence étrangère", comme on est d'apparence musulmane (sic !), et dans ce cas, le propos était on ne peut plus raciste.

Le fait est que, lexicologiquement parlant, je veux parler du sens même des mots, un émigré c'est quelqu'un qui émigre, c'est-à-dire quitte son pays avec l'intention manifeste de s'établir à l'étranger pour une longue durée, voire définitivement, ce qui exclut formellement les touristes, par exemple. Et dans le pays d'accueil, notre émigré se retrouve en position d'immigré. Exemple classique de ce mouvement : la statue de la Liberté à New York, avec la fameuse Ellis Island, lieu d'atterrissage des migrants venus d'Europe dans le but évident de prendre les Etats-Unis pour nouvelle patrie ou pour patrie de remplacement.

Comme preuve de cette volonté des immigrés, partout où ils s'établissent, cette propension à re-créer la patrie perdue, à coups de "new" ou "nouveau" voire "nouvelle" ; exemples : Nouvelles Hébrides, Nouvelle Angleterre, New York, Nouveau Brunswick, Nouveau Mexique, New Hampshire, etc., jusqu'à reprendre des toponymes dans leur forme originelle ou presque,  comme : Paris (Texas), Haarlem, Cambridge, Birmingham, etc.

Voilà qui m'a donné l'envie d'aller puiser dans mes archives. Ce qui suit est tiré d'une visite que j'ai effectuée dans un quartier de France, je veux dire probablement LE quartier de France comptant le plus d'étrangers au mètre carré.

















Ce qu'il a de particulier, ce village parisien de près de cinq mille habitants ? Il compte effectivement plus d'étrangers que les cités dortoirs de Meaux, Sarcelles, Mantes-la-Jolie, Clichy-sous-Bois... réunies. On y trouve des "maisons" de l'Inde, de Tunisie, du Brésil, de l'Argentine, des États-Unis, du Mexique (cf. la toute dernière image), etc. Autant dire qu'on n'est pas loin de totaliser ici autant de nationalités qu'aux Nations Unies.


Et pourtant, ici, aucun problème d'intégration, aucun car de CRS en stationnement, aucune tournante, aucun dealer de cannabis, aucun réglement de compte.

Cette perle rare parmi les cités de la région parisienne se trouve tout au long du Boulevard Jourdan (Paris 14ème), soit entre la Porte d'Orléans et le Stade Charléty, pour ceux qui connaissent Paris. La station de RER est Cité Universitaire

Parce qu'il s'agit effectivement de la Cité Universitaire Internationale de Paris, qu'une plaquette éditée il y a une dizaine d'années décrivait en ces termes :



Un tiers de Français, deux tiers d'étrangers. Et personne ici ne parle d'intégration ratée !

À vrai dire, les 130 nationalités, c'était il y a une dizaine d'années, parce que entre temps, on approche les 140 nationalités.

Voilà une cité que le candidat de droite à la réélection n'a pas dû souvent visiter, ceci expliquant cela.

Ah, un petit détail, en passant : la Cité Internationale est surtout habitée par des étudiants titulaires d'une maîtrise ou d'un master ; ici, la plupart des pensionnaires préparent une thèse ou à tout le moins un diplôme de 3ème cycle. Autant dire qu'on est loin des hordes d'adolescents désoeuvrés ou des cohortes de familles nombreuses ramenées du Tiers-monde par des paysans illettrés voire analphabètes.

Le fait est que la démagogie ambiante a fait un sort au vocable "immigration", par ignorance voire par mauvaise foi, en s'en servant la plupart du temps comme d'un euphémisme, juste pour ne pas prononcer le mot "étranger". Les diplomates, les étudiants, les sportifs, les artistes... sont-ils des "immigrés" ? Et quelle consistance peut bien avoir ce terme s'agissant des petits "Africains" vivant dans les quartiers populaires des banlieues de nos villes, et dont un bon nombre sont Français ?  


Le problème de certains quartiers qualifiés de "difficiles" ne vient certainement pas d'une soi-disant trop forte accumulation d'étrangers, mais simplement d'un niveau d'instruction notoirement insuffisant pour qui prétend vouloir élever des enfants dans un environnement moderne toujours plus exigeant.

Le fait est que les prisons du monde sont essentiellement peuplées d'individus appartenant aux catégories sociales les moins instruites, donc les plus pauvres. Il se trouve simplement que, dans nos "quartiers à problèmes", les moins instruits et les plus pauvres se recrutent essentiellement parmi les paysans illettrés venus du Tiers-monde ainsi que de leur progéniture.

L'harmonie régnant dans des lieux comme cette cité universitaire est la preuve par neuf que la simple accumulation d'étrangers dans un lieu n'a jamais constitué un frein à leur intégration, dès lors qu'ils disposent d'un bagage intellectuel conséquent. Seulement voilà : le réseau RESF (Éducation Sans Frontières) vient régulièrement sensibiliser les Français sur le sort de tel(le) ou tel(le) jeune scolarisé(e), voire préparant un diplôme, et en butte aux persécutions de la part de telle ou telle préfecture. 

En effet, on ne compte plus ces jeunes menacés d'expulsion, alors même qu'ils sont parfaitement intégrés car dûment scolarisés. Voilà qui nous démontre toute l'imbécilité du discours du démagogue évoqué plus haut, qui trouve plus logique d'expulser un(e) jeune préparant un BTS, par exemple, sous le simple prétexte qu'il n'a pas tous ses papiers en règle, alors même que de vieux paysans africains polygames continuent de se la couler douce tout en narguant les lois, bénéficiant ainsi d'une impunité à peu près totale !

Incohérence, quand tu nous tiens !


Ce misérable polygame malien a perdu sept enfants et un petit fils dans l'incendie meurtrier
d'un squat, Boulevard Auriol  (Paris 13e)


P.S.

Comme preuve que tout le monde n'est pas au clair avec la terminologie, et que "immigré" est bien utilisé par le plus grand nombre sous la forme d'un euphémisme honteux voulant dire "étranger", voici un extrait du débat ayant opposé les deux candidats au second tour de la présidentielle française, ce 2 mai 2012, tel que reproduit par le site nouvelobs...




Droit de vote des étrangers... Droit de vote des immigrés... Si vous donnez le droit de vote aux immigrés, avec la tentation communautariste...



Petite leçon de sémantique :

Eunice Barber est une sportive originaire de Sierra Leone et de nationalité française, bien connue des amateurs d'athlétisme. Barber est ce qu'on appelle une "immigrée", étant née à l'étranger et ayant bénéficié d'une naturalisation. Ce qui fait que Barber, l'immigrée, vote ou en tout cas, dispose du droit de vote en France. C'est le cas de plusieurs millions de citoyens français d'origine étrangère ayant acquis la nationalité par mariage ou par naturalisation. De fait, une grande partie des immigrés vivant sur le sol français disposent bel et bien de la nationalité française. En clair, immigré et étranger ne sont nullement synonymes, contrairement à ce que de nombreux journalistes et politiciens persistent à croire ou à véhiculer, faute d'une maîtrise suffisante du sens des mots !




P.S.

J'invite ceux que ça intéresse à s'offrir une petite visite de la Cité Universitaire du Boulevard Jourdan (RER, ligne B ; tramway T1), où ils pourront contempler notamment cette fresque d'inspiration précolombienne sur la façade de la Maison du Mexique.







Nicolas S.: une certaine pédagogie du mensonge


Avertissement : ce site est intitulé : "'Com' ils disent" et il y a une bonne raison à cela. Il se trouve que j'estime que la France manque cruellement d'analystes politiques, ceux qui en tiennent lieu n'étant que de vulgaires commentateurs de sondages. Il n'était que de voir leur désarroi au lendemain du premier tour de la présidentielle française face au "bon" score de Marine Le Pen et au "médiocre" score au regard des sondages de Mélenchon. Parce que l'analyse politique n'a rien à voir avec le commentaire de  sondages. Moi, je n'ai pas eu besoin de sondages pour prédire une déconfiture à Mélenchon, dont l'erreur majeure a consisté à passer plus de temps à taper sur Le Pen qu'à parler de son propre programme ; ne parlons même pas de cette rodomontade puérile de Capitaine Matamore, consistant à claironner sur tous les tons : "Je serai devant Marine Le Pen.". Cette fois, j'ai jeté mon dévolu sur les derniers clips de campagne des deux candidats restés en lice pour le second tour de la présidentielle française.


Dimanche 6 mai 2012, la France désigne son président de la République pour la période 2012-2017. C'est vous dire si la chose est d'importance. Nous voilà donc avec deux candidats désignés pour ce second tour. Pour ma part, j'ai déjà manifesté ailleurs la circonspection que m'inspirait le candidat socialiste en raison de son attitude dans des situations précises : je pense notamment à la manière dont, en sa qualité de Premier secrétaire, il a géré l'affaire ayant opposé Tristane Banon à Dominique Strauss-Kahn ; et je ne saurais oublier la connivence manifestée par les socialistes aux côtés de la droite dans l'agression impérialiste en Libye ! C'est vous dire le peu de confiance que François Hollande m'inspire. Le problème est qu'en face de François Hollande, il y a quelqu'un... Enfin, quelqu'un qui mérite véritablement qu'on le regarde et qu'on l'écoute attentivement. C'est ce que j'ai fait durant cette dernière campagne électorale.

Vous allez pouvoir en juger à partir des captures d'écran qui suivent. Fort heureusement, les clips électoraux sont sous-titrés ; ce sont, donc, les titres originaux que vous découvrirez au bas des images.

Je me suis donc attaché à relire les images de la campagne du second tour du candidat sortant, en m'intéressant successivement à la forme puis au fond.


Question de forme

La chose a déjà été observée ailleurs, et elle laisse quand même perplexe, s'agissant d'une "bête politique rompue à toutes les joutes électorales", comme on aime volontiers à le répéter du côté de ses admirateurs. Ici, j'ai relevé comme un geste de néophyte cette propension à ne pas regarder le téléspectateur dans les yeux, en raison d'un mauvais alignement du "prompteur", qui gère le défilement du texte, avec l'axe de la caméra.

Dès la première image, ci-dessous, on voit bien que le regard est dirigé vers le bas de l'écran, car c'est là que défile le texte.






Sur l'image suivante, on a même une amplification de la  perspective en contre-plongée, avec une caméra que le candidat regarde en plongeant son regard vers le bas pour chercher le texte. L'impression générale est qu'on a affaire à du travail d'amateur ! S'agissant d'un président sortant, censé être assisté par le gratin des communiquants de France et de Navarre, on a envie de dire : bravo ! Les mauvaises langues vont certainement nous dire qu'il a dû manquer d'argent, avec toutes ces rumeurs autour du financement de la campagne de 2007...




Question de fond


Le candidat sortant n'a pas de bilan, pas de projet, ou plutôt si : combattre les idées, ou ce qu'il croit être les idées de son adversaire. Il va donc s'attacher à démontrer...




La démonstration du candidat sortant va reposer sur un leit-motiv : "nulle part dans le monde"... 






Le candidat socialiste n'a jamais dit : "Je veux augmenter les dépenses publiques." Ses propositions portent sur des faits précis, enfin, si je puis me faire son interprète. Par exemple, il y a la question des 60.000 recrutements sur cinq ans concernant les services publics, et ce, en contradiction d'une politique de suppression massive de postes, entre 2007 et 2012, notamment dans l'Education nationale. 

Il y a, donc, quelque chose d'étrange, à entendre un candidat sous-entendre que son adversaire veut "augmenter les dépenses publiques", sans autre précision. Parce que ça ne correspond pas à la réalité de ce qui a été dit.

Puis vient le couplet sur l'immigration.




Franchement, à part l'extrême-gauche et peut-être Jean-Luc Mélenchon, y a-t-il eu un seul candidat s'inscrivant en faveur d'une régularisation massive de l'ensemble des immigrés (admirons le pléonasme au passage !) ? Et a-t-on seulement entendu quelqu'un souhaiter accueillir toute la misère du monde


Rappelons, en passant, que ce discours nous est servi par quelqu'un qui participe au pouvoir (exécutif) depuis au moins 2002 et sans discontinuer.


Le candidat socialiste serait aussi favorable à ceci :





Le candidat socialiste considère que lorsqu'on a des droits, on n'est pas forcément obligé d'avoir des devoirs.


On se répète la chose une fois, deux fois, trois fois..., et l'on se pince, pour être sûr de ne pas avoir rêvé, tout en se disant que c'est quand même incroyable qu'un candidat à une présidentielle, non pas au Tadjikistan, non pas au Waziristan, non pas au Zimbabwe, au Burkina Faso..., vous savez ?, ces infâmes républiques bananières, diamantifères, forestières, gazières... dirigées par des autocrates à moitié fous, non, un candidat à une présidentielle en France, ose dire des choses pareilles, enfin..., s'il se contentait seulement de les dire sur des places de marché, dans des bistrots... Non, là, il les profère à la télévision, avec sous-titrage, pour que le monde entier enregistre l'énormité de la chose !


Il considère que lorsqu'on a des droits, on n'est pas 
forcément obligé d'avoir des devoirs.


Celle-là, il faudra l'encadrer !


Vous savez quoi ? Même Staline n'aurait pas osé afficher une telle outrecuidance !


Mais le plus incroyable est que ce candidat pense qu'il se trouvera des gens assez débiles pour avaler de telles énormités !


La preuve : venons-en au couplet sur les retraites.






Travailler moins longtemps pour financer les retraites. Et là, on s'interroge, parce que le principe du "travailler moins longtemps" est déjà ancien et a débouché sur les 35 heures, instaurées par le gouvernement Jospin-Strauss-Kahn-Aubry durant les années 1997-2002 ; et la droite, revenue aux affaires en 2002, n'a toujours pas formellement abrogé cette loi de réduction du temps de travail.

On s'interroge par conséquent sur cette nouvelle réduction du temps de travail évoquée par le candidat sortant ! 

Enfin, on croit comprendre : il ne s'agit pas de la durée hebdomadaire du travail, mais du total des annuités effectuées avant d'accéder à la retraite. Mais, là encore, on s'interroge : ça veut dire quoi ce "travailler moins longtemps", s'agissant des normes admises en France depuis longtemps maintenant, à savoir la retraite à 60 ans au bout de 41 annuités et des poussières ? La réforme initiée par la droite a été votée par cette même majorité de droite au parlement, et combattue par l'opposition de gauche, ce qui est tout à fait normal. Fallait-il pour autant présenter la chose en insinuant que "c'est vous, les retraités, qui devrez diminuer les pensions de retraite..." ?

Mais que sous-entend le candidat de droite par cette chose et où a-t-il vu que les retraités pourraient diminuer (eux-mêmes ?!) les pensions de retraite ? Visiblement, le candidat a rédigé son discours lui-même, avec les approximations lexicales et syntaxiques dont il est coutumier. En fait, il aurait dû dire : "c'est vous, les retraités, qui devrez voir dimunuer vos pensions de retraite...".

Retour sur un leit-motiv : "nulle part dans le monde..., mais...".



On n'a vu ça nulle part dans le monde, mais ici ou là, quand même...




En Espagne...


En Grèce...


Au Portugal...




... après tant d'années de socialisme... 


Donc, si l'on a bien compris, le "nulle part ailleurs" n'était pas la bonne formule, puisqu'il y avait effectivement un ailleurs, où avait sévi le socialisme : Espagne, Grèce, Portugal, seuls pays récemment gérés par des socialistes en Europe ? Et la Suède ?


Il est vrai que le PSOE espagnol, sous le leadership de Jose-Luis Zapatero, a dirigé le pays durant deux mandats, succédant à deux autres mandats du conservateur Jose Maria Aznar. Sept années de direction socialiste, contre dix années continues de direction UMP en France, par exemple. Quant aux autres pays cités, on a comme un doute, et même plus qu'un doute. Faisons donc, une petite recherche sur l'Internet.


Portugal :


Au Portugal, gauche et centre droit se sont régulièrement partagé le pouvoir au cours des dernières années. La formule "tant d'années socialistes" est à tout le moins un mensonge.


Grèce :


Il est exact que le Pasok de Papandréou est revenu aux affaires après un assez long intermède de la droite (Karamanlis), soit en octobre 2009, ce qui contredit le "tant d'années de socialisme", même si droite et gauche se partagent le pouvoir en Grèce depuis quelque temps déjà.


Aussi peut-on lire ce qui suit sur le site du Parti de Gauche :


Les élections législatives anticipées du 4 octobre en Grèce voient une nette victoire du Parti socialiste grec (Pasok). Avec près de 44 % des voix, celui-ci devance largement la Nouvelle-démocratie (droite) conduite par le premier ministre sortant Costas Caramanlis. Avec près de 34 % des voix obtenues, ND perd près de 60 sièges au parlement qui en compte 300. Le Pasok s’assure une confortable majorité avec 162 sièges obtenus. (...) La droite enregistre une grande défaite et paie les désastres de sa politique néolibérale et son incapacité à faire face aux incendies qui ont cet été, une fois de plus, ravagé les alentours d’Athènes. (...) La victoire du Pasok intervient après une campagne menée plus à gauche qu’en 2004 et 2007 lorsque les socialistes ont connu deux défaites électorales successives. Il convient de noter cette évolution. Le Pasok a fait de nombreuses promesses de soutien aux bas revenus. Il a promu une politique de relance de l’économie par des politiques publiques, de refonte fiscale favorable aux classes populaires et de lutte contre la corruption dans le pays. (...) Le Parti de gauche observera avec vigilance ce que le Pasok fera réellement au pouvoir, mais se réjouit de voir la droite battue et, qui plus est, sur des idées de gauche.

Suède : ce pays n'a pas été évoqué par le candidat sortant, ce qui est curieux, parce que c'est probablement le pays européen de l'Ouest à avoir connu le plus long "règne" socialiste.





Est-ce parce que ce pays spécialisé dans le système de l'Etat providence socialiste qu'est la Suède n'a été en rien secoué par les soubresauts de la crise mondiale que le candidat de droite n'a pas jugé utile de le ranger aux côtés de l'Espagne, du Portugal et de la Grèce ?


Question : quid de la crise des subprimes aux États-Unis, subprimes dont le candidat sortant était un ardent défenseur ? Quid du tsunami qui a secoué le système bancaire américain, avec les Lehmann Brothers et autres Goldmann Sachs... ?


Le résumé de tout ce qui précède ? Il est rare de voir un candidat à la présidentielle, de surcroît président sortant, manier avec autant de cynisme et d'aplomb le mensonge et l'approximation délibérée. Mais bon, on me dira que ça ne mange pas de pain, et que, dans l'adversité, tous les moyens sont bons. Tous ? Vraiment ?


Et dire que notre si énergique pourfendeur de l'immigration et de l'insécurité aurait pu vanter son si brillant bilan en la matière ! Il voudrait diviser par deux le nombre d'étrangers présents en France ? Pas d'immigrés clandestins, non, d'étrangers ! Et tout ça au nom de quelle loi mathématique établissant un quota maximal autorisé ? Et que ne l'a-t-il fait plus tôt ?


Mais le plus loufoque n'est-il pas de lire et d'entendre ceci :








Technique classique de démagogue : cette fois, il nous refait le coup du "travailler plus pour gagner plus", adapté à l'immigration : si dans un an... Et là, on se dit : "ben voyons !", "les méthodes de l'Europe n'ont pas changé...", et là on aimerait comprendre. Parce que la politique communautaire européenne repose non pas sur des méthodes mais sur des traités, que les pays sont libres de ratifier ou non. Parce qu'un traité ratifié acquiert  force de loi, voire plus. Il se trouve que divers pays de l'Union Européenne ont choisi de ne pas entrer dans l'Espace Schengen (ex. Le Royaume Uni). La France, pour sa part, fait bel et bien partie de l'espace Schengen. Donc, ou elle y reste, ou elle en sort. Par ailleurs, s'agissant de Schengen, chaque pays membre est responsable de ses propres frontières. Et sur ce point, ce qui se passe à Mayotte, en Guyane ou aux Antilles ne saurait être mis sur le dos de l'Italie, de l'Espagne ou de la Grèce. Ce serait un peu facile !

Les déclarations qui précèdent ne sont donc que démagogie et formulations creuses car vides de sens ! Cet homme sort de cinq années de présidence de la République française, et de presque autant d'années comme ministre de l'Intérieur, et il en est encore à promettre un "retenez-moi ou je fais un malheur !"

Question : mais qui diable peut encore croire aux rodomontades de ce capitaine Matamore ? 

Conclusion provisoire : on se demande toujours pourquoi le candidat sortant n'évoque jamais son si exceptionnel bilan, notamment en matière de sécurité...