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lundi 14 mai 2018

Le monde après deux mille ans de "civilisation judéo-chrétienne"


Abram tomba la face contre terre, et Dieu lui parla ainsi :

"Moi, voici mon alliance avec toi : tu deviendras père d'une multitude de nations. On ne te nommera plus Abram, mais ton nom sera Abraham, car je te fais père d'une multitude de nations. Je te donnerai, à toi et à tes descendants après toi, le pays où tu séjournes comme étranger, tout le pays de Chanaan, en possession perpétuelle, et je serai leur Dieu". (Genèse, XVII)

On attribue à Albert Schweitzer, ce médecin, philanthrope, philosophe (un vrai, celui-là, contrairement à tant de philosophes bidons d'aujourd'hui !), organiste et humaniste français - et, de mon point de vue, la plus grande personnalité française du 20ème siècle - ce mot : "La civilisation occidentale ? Ben..., ce serait une bonne idée !".

Vous connaissez la nouvelle ? En ce jour d'inauguration de la nouvelle ambassade états-unienne à Jérusalem, les autorités palestiniennes annoncent une cinquantaine de morts et quelques milliers de blessés, ce qui devrait se traduire, au final, par plusieurs centaines de morts et quelques milliers de mutilés, s'ajoutant aux innombrables morts et estropiés des semaines précédentes... Que dis-je !? Des décennies précédentes... Que dis-je ?! Il me semble que le fils de pasteur que je suis - mon père connaissait personnellement le grand docteur Schweitzer, lequel était aussi, comment l'oublier, pasteur protestant ! - devrait savoir, si l'on en croit les "Saintes Écritures", que la confrontation entre Hébreux et Philistins dure depuis quelque cinq mille ans, disons trois bons millénaires, ce qui n'est déjà pas mal !

Plus de trois millénaires d'affrontements - je veux dire de liquidations massives des peuples autochtones par une horde particulièrement belliciste ; cf. l'épisode dit de la prise de Jéricho - et ce pauvre Benjamin Mileikowsky (le patronyme dont il aurait dû hériter de son père !) qui n'a toujours rien compris ! Sinon, il commencerait sérieusement à se dire : "Tout ça pour ça !"

Il faut dire qu'il fut un temps où Dieu - je cite les "Saintes Écritures" -, dans sa grande bonté, conduisit des Hébreux, libérés de la servitude pharaonique, durant une quarantaine d'années, à travers savanes et déserts, les nourrissant de manne et de petits oiseaux tout rôtis tombant du ciel, tout en les assistant dans leurs croisades guerrières contre, entre autres ennemis séculaires, les Philistins.

Mais il faut croire que ces temps bénis sont bel et bien révolus, puisque nos "Hébreux" (par parenthèse, Mileikovsky relève évidemment du slave et pas du tout de l'hébreu !) en sont réduits à jouer du missile téléguidé, du char d'assaut et du fusil mitrailleur visant des foules de lanceurs de cailloux !

À croire que le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob est devenu mutique, sourd ou malentendant !  

Le cynique vous ment en vous regardant droit dans les yeux. Il sait que vous savez qu'il ment. Il n'en continue pas moins de vous mentir, en vous regardant droit dans les yeux.

Le fait est que Donald Trumpf (son vrai patronyme, en tout cas, celui de son grand-père paternel) et Benjamin Mileikovsky sont des cyniques, obnubilés qu'ils sont par leur petite carrière personnelle, et tant pis si ce cynisme coûte la vie à des milliers de femmes et d'enfants de Palestine et conduit des milliers de soldats israéliens (de simples appelés du contingent !) - dans la dépendance perpétuelle aux psychotropes et autres anxyolitiques ! (1)

Est-ce cet insupportable cynisme qui incite, ça et là, des personnalités appartenant à la communauté dite "juive" à sortir du bois et à dire "Stop !" ?

Je pense, notamment, à des personnages comme Uri Avnery, Noam Chomsky, Avraham Burg, Felicia Langer, Shlomo SandNorman Finkelstein, Gilad Atzmon, parmi plein d'autres, que je lis depuis pas mal de temps.


Pas de chance pour la paix... Pourquoi, avec Israël et les USA, aucun Etat palestinien n'est envisageable, N. Chomsky, Europa Verlag, 2004 - Mais qu'arrive-t-il donc à Israël ?.. Les dix principaux mythes du sionisme (paru après les fameux "Mythes Fondateurs..." de Roger Garaudy), Cosmics Verlag, 2016. En tout cas, les mêmes choses, dites par un Israélien, et hop !, aucun procès en sorcellerie !

Et puis, tout récemment, je suis tombé sur un site Internet animé par un mouvement baptisé Forward : des Juifs dits "progressistes", dont une des dirigeantes nous a livré une confession tout à fait représentative de ce que je lis et entends depuis pas mal de temps maintenant, propos tenus par des "Juifs" et à peu près inaudibles sur l'ensemble des "grands" média (un médium, des média) français voire occidentaux.

J'ai, donc, pris la peine de traduire (à la fois librement et scrupuleusement) ce texte en français, tout en y adjoignant des notes personnelles. (Source)


Mon sionisme s'étiole... Une expulsion à la fois.

J'ai l'impression d’être debout sur une banquise en pleine débâcle (1). Pendant des décennies, j'ai aimé Israël. J’ai voulu (2) le voir prospérer en tant que pays brillant et respectueux des droits. Et pourtant, j’éprouve de plus en plus irrésistiblement le sentiment de devoir imaginer le jour où je me résoudrai (ou peut-être mes enfants) à ne plus me rendre dans ce pays.

Ma vie de juive, qui a commencé il y a 25 ans, quand j'avais presque 50 ans, a toujours été bâtie autour de cette vision d'Israël et de ma conviction profonde que cette vision pourrait correspondre à la réalité.

Mais les actions d'Israël, surtout récemment, me laissent de plus en plus dubitative. Et je me surprends à penser que nous avons vécu sans Israël pendant deux millénaires, et que si ce pays  continuait sur son affligeant parcours actuel jusqu’à devenir un lieu étranger (à toutes nos valeurs), serions-nous de nouveau en mesure de nous en passer ?

Je ne parle pas de la destruction d'Israël en tant qu'Etat-nation indépendant. C'est impensable et impossible.

Mais que faire s’il devient un endroit qui nous répudie ? C'est une question effrayante et pourtant, il est temps que nous nous la posions.

La semaine dernière, deux événements ont mis un terme à ces sentiments : l'expulsion de Katherine Franke, professeur à l'Université de Columbia, et la déportation (3) imminente d'Omar Shakir, spécialiste des droits humains. Ces expulsions sont significatives non seulement en elles-mêmes, mais à cause de ce qu'elles impliquent : Israël est devenu un endroit profondément « illibéral » (liberticide). Les fanatiques sont aux affaires. Et les choses empirent.

C'est ce qui me rapproche plus que jamais du sentiment que le temps pourrait venir bientôt, où je n’aurais plus ma place en Israël.

Shakir est un avocat américain, né et élevé en Californie et diplômé de la Stanford Law School. Il a été engagé par Human Rights Watch il y a plusieurs années, initialement en tant que chercheur en Egypte et affecté en Israël / Palestine l'année dernière.

Lorsque Human Rights Watch a demandé un permis de travail pour Omar, Israël le lui a initialement refusé. "Human Rights Watch prend systématiquement position contre contre Israël", a déclaré au New York Times Emmanuel Nahshon, porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères. "Ils sont en fait au service de la propagande palestinienne plutôt que d'être au service de la vérité et des droits de l'homme." Plus tard, Israël a renoncé à cette accusation ridicule et lui a accordé le permis. Mais, par la suite, sur la base d'un « procès privé », selon Israël, le ministère des Affaires stratégiques et de la Diplomatie publique a procédé à l’empilement d'un « dossier » sur Shakir.

Et le 8 mai, Israël a utilisé ce dossier pour justifier son ordre d’expulsion dans les 14 jours.

Le dossier accuse Shakir d'être "engagé à mettre fin à l'occupation" et d'appeler au  "désinvestissement des entreprises impliquées dans les violations des droits de l'homme" et à qualifier le mouvement BDS de "résistance non-violente". Aux yeux du ministère israélien, ces faits  rendent Omar inapte à habiter parmi nous. "Etant donné que Shakir a activement et systématiquement été impliqué dans la promotion des boycotts d'Israël, la position du ministère des Affaires stratégiques et de la Diplomatie publique est que son permis de travail devrait être révoqué", écrivent-ils.

Et pourtant, qui d'entre nous n'est pas engagé dans les problématiques mêmes dans lesquelles  Omar s’est impliqué ? Et quand bien même nous ne serions (4) pas d'accord avec lui, Israël n'est-il pas censé être une démocratie garantissant la liberté d'expression ? Ne pouvons-nous tolérer la moindre (5) dissidence ?

L'affaire Franke soulève des préoccupations similaires. Professeur d'études de droit, de genre et de sexualité à l'Université de Columbia, Mme Franke dirige également le Centre d’études du droit du genre et de la sexualité et est directrice du département dédié au projet Droits publics / Conscience privée.

Elle a été expulsée à son arrivée à l’aéroport Ben Gourion la semaine dernière parce que, selon Israël, elle joue un rôle de premier plan au sein du mouvement Jewish Voice for Peace.

Franke nie être un leader du JVP. Et pourtant, reconnaissons qu'elle en était bien un. Cela passerait-il maintenant pour un motif acceptable d'exclusion de la part d'Israël, une terre fondée sur les principes de liberté et de justice, un pays qui se targue fièrement (mais inexactement) d'être la seule démocratie au Moyen-Orient ?

Qu’allons-nous, défenseurs des droits civiques, progressistes, juifs américains épris d'Israël, pouvoir faire face à cette situation ? Comment garder des liens avec un pays bien-aimé si ce dernier ne rompt pas avec  ses effroyables  violations des droits civils et humains ?

Nous voir dans l’obligation de divorcer avec Israël est déchirant. Et pourtant, le comportement agressif ne cesse de croître : on dénigre notre judaïsme libéral en abandonnant l'accord de Kotel, on se cale sur Trump, on intimide les Israéliens palestiniens sur le chemin des urnes, on ne lève pas le petit doigt pour mettre fin à l'occupation et même, on la renforce.

Le nombre de Juifs américains soutenant Israël diminuant rapidement, on pourrait penser que ce pays hésiterait avant de persister dans des erreurs aussi stupides et aussi flagrantes que le fait d'expulser Franke et Shakir à cause de leur engagement en faveur de la défense des droits. Mais Israël a simplement cessé de se soucier de ce que pense la diaspora libérale.

Combien de temps allons-nous nous tortiller avant d'être prêts à dire : « J'ai des valeurs juives à poursuivre et je perds mon temps à essayer de les poursuivre en Israël » ?

Mais attendez. Qui deviendrions-nous si nous arrêtions de considérer Israël comme notre cœur et notre noyau ? Nous ne serions pas la première génération à nous poser cette question. Un nouvel examen de la signification de la diaspora est de plus en plus important dans les milieux juifs. J'ai participé à un groupe d'étude juif durant de nombreuses années, lequel groupe étudie, en cette année même, la signification de la diaspora et les nombreux érudits et sources au cours des siècles qui ont argumenté et soutenu que la diaspora n'était pas la marge mais qu’elle était et a toujours été le cœur et l’âme du peuple juif. Mes camarades de classe et moi étions consternés. Qu’en savions-nous ?

Face à « l'illibéralisme », les Juifs libéraux ont retenu leurs coups dans leur critique d'Israël, ne voulant pas menacer le centre. Rares sont ceux qui osent passer de la critique à la défense de dispositions aux conséquences réelles. Nous avons été satisfaits de dire et de répéter : « Je vous préviens... », et nous l'avons dit pendant cinquante ans, alors que les choses empiraient.

Si seulement nous, juifs progressistes, pouvions arrêter d’imaginer que les mots seuls feraient la différence et commencions à nous mobiliser pour des actions réelles, intelligentes et stratégiques, telles que : « N'investissez pas dans les entreprises impliquées dans les violations des droits humains ! ». Les Juifs américains ne franchiront pas la ligne séparant la critique de la mobilisation active. Nous savons très bien ce qui se passe quand cette ligne est franchie : vous êtes expulsé quand vous atterrissez à Ben Gourion.

Sans outils efficaces, il est difficile de voir comment la spirale descendante pourrait être stoppée. C'est un terrible dilemme. Je n'appelle pas à la fin des relations entre Israël et la diaspora, pas plus que je ne cautionne le projet BDS. Mes souhaits pour des outils efficaces n’aboutissent nulle part. Et c’est ainsi que je m'inquiète de devoir, un jour, prendre mes distances.

J'étais en Israël le mois dernier avec mon fils et ma nouvelle belle-fille et nous avons passé une belle demi-journée avec une guide-architecte à Tel Aviv. Elle nous a demandé ce que nous faisions ce soir-là. Ma belle-fille a dit, l’air enjoué : « Nous dînons avec un ami de maman, Hagai ElAd, de B'Tselem.». La guide a rétorqué : « Vous devriez l'empoisonner. C’est un traître. »

Quand nous avons raconté l'histoire à Hagai, il a ri. Lui et d'autres patriotes comme lui font littéralement face à des menaces de mort alors qu'ils tentent de sauver Israël, et ils continuent de croire que le travail en vaut la peine.

S'il y a une chose qui ralentit mon envie de m’échapper d’ici, c'est bien cela. (6)


Kathleen Peratis est coprésidente du comité consultatif de  Human Rights Watch pour le Moyen Orient et l’Afrique du Nord et membre du conseil d'administration du mouvement Forward. (7)

Juifs américains opposés au déménagement de l'ambassade US et au massacre par Israël de manifestants à Gaza (Source) (Source)

Notes du traducteur

(   1) Débâcle est un terme de naturaliste ou de géographe (fonte brutale des glaces sur un fleuve gelé, par exemple) qui a vu son acception première complètement déformée pour n’être plus exprimée qu’au sens figuré de déroute militaire ou de grosse défaite sportive.

(   2) Le linguiste de formation (entre autres équipements universitaires) que je suis ne peut qu’être gêné de voir un auteur passer si brutalement du passé (I have loved…) au présent (I want it…) alors même qu’il n’y a aucune rupture logique entre ces deux propositions ! J’ai, donc, choisi la logique du propos et conservé le passé dans toute la première partie du  paragraphe, jusqu’à la rupture introduite par « And yet… »/« Et maintenant » ou « et pourtant... »).

(    3) D’un point de vue juridique, l’Américain Shakir (sujet étranger  en Israël) est susceptible de faire l’objet d’une expulsion, le terme déportation concernant des natifs déplacés de force de leur pays vers un autre (ex. la totalité des Palestiniens détenus dans des geôles israéliennes sont bel et bien des déportés.). Il se trouve que, ne connaissant pas les motivations exactes de l’auteur, j’ai conservé son terme de « deportation », dès lors qu’elle aurait fort bien pu utiliser le terme « expelling ». Le fait est que le terme « expulsions » arrive juste après, dès la phrase suivante.

(   4) Là encore, question de logique, j’aurais tourné la phrase autrement, en optant pour le conditionnel.

(   5)  Personnellement, j’aurais dit (oral) en anglais : « Can’t we tolerate any dissent? ».

(   6) Pour livrer un avis général sur le texte, loin de moi l’idée de critiquer la prose d’un auteur quel qu’il soit, chacun étant libre le s’exprimer comme il (elle) l’entend. Il n’empêche que, d’un point de vue purement technique, je préfère mille fois l’anglais académique d’un locuteur britannique (cf. la sublime diction de la reine d'Angleterre !) à l’anglais un tantinet « inconventionnel » des sujets états-uniens, avec cette façon qu’ils ont de prendre des libertés avec la syntaxe et d’user (d’abuser) de l’ellipse. Par ailleurs, je déteste prodigieusement la transcription (écrite) de la langue orale, ce qui fait que je persiste à penser que si on peut dire (à l’oral) : « Can’t we tolerate dissent ? », il faut impérativement écrire : « Cannot we tolerate dissent ? », de même qu’en lieu et place de « I find I can envision a day », moi j’aurais écrit : « I find that I can envision a day… .». Bref : la syntaxe, ça se respecte !

(   7)  Pour en revenir au fond du problème, au deuxième paragraphe, nous avons cette assertion : « My jewish life, which began 25 years ago when I was nearly 50… », le genre de « statement » qui me fait toujours un peu rigoler, tant j’en ai croisés, des Juifs, souvent des amis d’ailleurs, que j’appelais ironiquement « Möchtegernjuden », de l’allemand « Ich möchte gern… » « Je voudrais bien avoir ou être… ». Voilà, donc, une femme, qui se découvre juive à la cinquantaine, autant dire que sa culture juive se dessine en pointillés, ce qui veut dire qu’elle a longtemps vécu en dehors de cette sphère, ce qui est quand même assez étonnant !

Étonnant ? En fait, pas vraiment. Bon, on peut supposer que vers ses cinquante ans, elle n’y connaît  alors pas grand-chose, à l’instar de plein d’amis « juifs » à qui je devais toujours expliciter ci et ça dans la Bible, bouquin qu’ils n’avaient généralement jamais lu, parce que élevés dans des milieux dits "laïcs". Et eux de me questionner : « Mais comment peux-tu savoir tout ça ? », jusqu’au jour où je leur avouais que j’étais fils de pasteur. Et là, on entendait des « Ah, ben voilà l’explication ! ».

Vous voulez que je vous dise ? Après avoir eu deux « fiancées » juives et fréquenté, notamment comme professeur particulier (durant vingt ans) des dizaines, au bas mot, de familles de la "communauté", j’estime ne pas avoir croisé plus de 5 % de Juifs authentiques (plus souvent sépharades qu’ashkénazes, d'ailleurs) parmi ceux qui se réclament de cette… religion ou culture ? Ils ne le savaient pas eux-mêmes, la plupart du temps… C’est vous dire si je comprends le désarroi de cette femme ! Du reste, son aveu est assez énorme et correspond tout à fait à ce que j'ai expérimenté sur le terrain : "Ma vie de juive, qui a commencé il y a 25 ans, quand j'avais presque 50 ans, a toujours été bâtie autour de cette vision d'Israël." Ce qui veut dire que le soutien ou l'attachement à Israël est devenu une sorte d'ersatz de religion !

Et je vous parie que 95 % des signataires de pétitions contre l'"antisémitisme" sont dans ce cas...

Et pendant qu’on cogite ici ou là, à Gaza, les Palestiniens tombent comme des mouches, tandis que le monde « civilisé » appelle les protagonistes à la « retenue », renvoyant dos à dos occupants et occupés…


(1) À en croire certaines études (1 - 2), le syndrome baptisé de l'acronyme anglais PTSD ne toucherait que fort modérément les soldats israéliens, affirmation à prendre avec des pincettes dès lors que l'on compare, d'une part, les armées du monde en général : des soldats de métier et, d'autre part (Israël) : une armée basée sur une très grande proportion d'appelés du contingent et de réservistes, (re)lâchés dans la nature à la fin de leur période de conscription, par conséquent, théoriquement dégagés des statistiques militaires stricto-sensu. Ajoutons à cela qu'un pays où la militarisation relève quasiment de l'idéologie ne doit pas aisément reconnaître qu'il puisse exister un lien entre tel ou tel symptôme psychiatrique et les activités militaires qui auraient pu le générer, ce qui contraint les victimes (les soldats démobilisés) à devoir batailler devant les tribunaux contre l'État. C'est pour cela que, personnellement, je m'attacherais avant tout à étudier ce fameux syndrome post-traumatique d'un point de vue plus général, soit dans la population israélienne dans son ensemble. Surtout qu'il y a guerre et "guerre" : se battre à armes égales contre un ennemi parfaitement identifié est une chose ; se contenter de jouer au ball-trap sur des populations désarmées et des adolescents lanceurs de cailloux, voire sur des journalistes facilement identifiables est toute autre chose, et il s'ensuit que l'image que le soldat a de soi ne peut, donc, pas être la même dans les deux cas. Et par ailleurs, n'oublions pas que tout soldat a des parents, éventuellement une fratrie, une belle-famille, des amis..., tous sujets nullement vaccinés contre le PTSD !





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